Cantepau à Albi : autopsie d’un quartier difficile

Encore des voitures brûlées et un épisode de violence. Quand il y a des problèmes de délinquance, on observe une recrudescence des préjugés qui vont renforcer la discrimination et le séparatisme culturel et mettre en place les conditions d’un cercle vicieux. Les spécialistes ont une vision assez claire de ce qu’il faut faire. Rétablir l’ordre républicain, d’abord. Travailler sur les représentations et conflits pour que les gens se reparlent et coopèrent. Réaffirmer les valeurs de la république et le nécessaire respect de certaines valeurs. Ne surtout pas encourager le communautarisme car on ne fait que mettre un couvercle sur les problèmes et on aggrave la situation à terme. Et cela nécessite fermeté, courage et écoute. Et une action sur le temps long.

 

Un quartier qui n’est pas abandonné, et pourtant

Cantepau, c’est le quartier où j’ai grandi. Une partie de moi-même. J’y ai vécu mon enfance et je m’y suis réinstallé à mon retour sur Albi. Ce quartier est à l’origine de ma conscience politique, sociale et l’origine de ma compréhension des différences culturelles et religieuses et des incompréhensions qu’elles peuvent susciter. Mais j’y aussi appris le respect de la différence. Ce n’est pas la première flambée de violence. Je me rappelle d’un jeune mis en prison pendant des échauffourées liées au ramadan, à qui j’écrivais en cellule il y a quelques années. J’ignore s’il y a cette fois aussi un lien avec le ramadan. On va me dire que le problème est social. En partie mais pas uniquement. Je rappelle à dessein que les écoles sont très bien entretenues. Les enseignants sont extraordinaires d’abnégation. Il y a une super maison de quartier, une bibliothèque (merci à cette porte ouverte sur le monde qui m’a sauvé), une base de loisirs avec stade, tables et barbecues, un stade de foot éclairé jusqu’à tard le soir et des